Du courage d’entreprendre

entreprendre

La création d’entreprise, bien que souhaitée et promue par les pouvoirs publics, est assurément un chemin du combattant. Il suffit de penser aux nombreuses obligations, procédures et autres formalités auxquelles le chef d’entreprise doit faire face. Et malgré tout, l’image du chef d’entreprise est fréquemment mauvaise, voire désastreuse. Le chef d’entreprise qui a réussi est souvent considéré comme quelqu’un qui s’enrichit sur le dos de ses salariés et/ou de ses clients.

Cependant, n’oublions pas qu’une grande partie des employeurs au Luxembourg sont des petites et moyennes entreprises (PME) de type familial et que les patrons de ces entreprises travaillent eux-mêmes au sein de leur société et y côtoient leurs salariés chaque jour. Ainsi, je pense qu’en période de crise, mieux vaut être salarié auprès d’une PME plutôt qu’auprès d’une multinationale. Car un patron d’une PME, de par sa proximité avec ses employés, a généralement une réelle conscience de sa responsabilité sociale.

Imaginons un instant ce qu’un chef d’entreprise peut ressentir : D’un côté, on ne cesse de lui répéter à quel point le rôle qu’il joue est important et que les PME produisent plus de la moitié de notre richesse nationale. D’un autre côté, on lui reproche de s’enrichir au détriment des autres et on lui octroie des réglementations parfois aberrantes, souvent longues et pénibles. De surcroît, il a parfois l’impression de ne pas se faire entendre au niveau politique, notamment parce qu’en termes d’électorat, les PME ne jouent qu’un rôle marginal.

L’attribution du droit de vote à toute personne sur l’entièreté du territoire luxembourgeois pourrait peut-être y remédier. C’est fait diront certains. C’est effectivement le cas pour les personnes physiques. Mais pas pour les personnes morales de droit luxembourgeois (du type s.a. ou s.à.r.l. par exemple). En donnant le droit de vote à toute entreprise employant du personnel, la simplification administrative, terme souvent utilisé à tort et à travers, se mettrait en place à la vitesse lumière. Et la raison en est toute simple : parce qu’en terme d’électorat, les entreprises ne seraient plus considérées comme une quantité négligeable !

Cette idée du droit de vote pour les personnes morales est tout à fait utopiste. Certes. Le seul objectif de ce scénario quelque peu provocateur est que nous ayons tous conscience du rôle que jouent nos entreprises locales. Car c’est bel et bien sur les PME que repose l’essor de notre économie.

Au vu de tous ces éléments, je ne puis m’empêcher de penser à Peter Drucker, théoricien du marketing américain, qui disait : « Chaque jour que vous voyez une entreprise qui réussit, dites-vous que c’est parce qu’un jour, quelqu’un a pris une décision courageuse ».

A bon entendeur, salut !

Heiderscheid, en septembre 2011

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